Inylchek, Under the ice 2019


Situations

Pays d’Asie centrale, le Kirghizistan est presque entièrement montagneux. Bishkek, à 800 m d’altitude, est sa capitale. Les principales villes du pays se situent dans les zones les plus basses du pays. Le trait principal du Kirghizistan est bien celui-ci : les montagnes du Pamir et des Tian Shan recouvrent plus des trois quarts du pays dont la moitié de la superficie se trouve à plus de 3 000 mètres, avec sur les lignes frontières des sommets de 7 000 mètres aussi prestigieux que le Khan Tengri, le pic Lénine ou le pic Podeby (ou Podeba). C’est au Sud-Est que se trouve la chaîne des Tian Shan. Ces hautes montagnes célestes alimentent le glacier Inylchek qui s’étire sur plus de 60km. Ce glacier doit faire l’objet en 2019 d’une expédition d’exploration sous glaciaire.

Le glacier Inylchek

Considéré comme l’un des glaciers non polaire le plus long du monde (60 km) il permet de rejoindre les hauts sommets environnants qui culminent à plus de 7000m d’altitude. Scindé en deux parties (Nord et Sud), il présente un phénomène naturel qui intrigue nombreux scientifiques. Il s’agit du lac Merzbacher. Chaque année, à la même période ce lac glaciaire situé à 3350 m d’altitude se vidange pour inonder les plaines. Le mystérieux lac Merzbacher

Le glacier Inlychek

Le mystérieux lac Merzbacher

Tous les ans, au coeur de l’été kirghiz, le lac Merzbacher, sirtué à 3350m d’altitude, se vide en 48h00 de ces quelque 250 à 300 millions de m3 d’eau. Disparu, avalés par le glacier Inylchek, les flots gelés ressurgissent dans la vallée du même nom, une vingtaine de kilomètres en aval. Et ainsi de suite, année après année, sans que l’on sache de mémoire d’homme ni pourquoi ni comment. Le phénomène n’est pas unique. Il existe dans le monde d’autres lacs glaciaires subissant des ruptures comparables. Le Merzbacher se distingue cependant par son volume impressionnant et une régularité quasi métronomique dans son mécanisme de crue.

L’existence même du lac merzbacher est la conséquence d’un phénomène assez exceptionnel. Le glacier Inylchek est constitué de deux branches majeures qui naissent sur les deux faces du pic Khan Tengri (7010m) avant de se rejoindre, 20 kms plus bas. Et là, au lieu de se fondre dans un flux glaciaire qui, comme partout ailleurs, irait de haut en bas, la branche sud remonte vers le nord provoquant, à l’échelle des temps géologiques, une collision aussi lente que monumentale. Avec le cycle naturel du réchauffement, l’Inylchek nord s’est ensuite rétracté laissant sur le lieu du choc une gigantesque dépression tandis que la branche sud a continué à déverser ses montagnes de glace. Ainsi est né le lac Merzbacher, retenu d’un coté par un barrage de glace sans cesse en mouvement et s’épanouissant de l’autre sur une rive morte en pente douce. la fonte de la branche nord et, en partie, celle la branche sud alimente le lac dont le niveau devient visible vers la fin du printemps malgré la couverture permanente d’icebergs qui l’enveloppe. Les choses s’accélèrent ensuite jusqu’à ce moment incroyable (que les statistiques situent entre mi-juillet et mi-août) ou le lac se vide en deux jours.

L’une de ces recherches se concentre sur les conséquences catastrophiques des éruptions glaciaires des lacs, qui représentent un grand danger potentiel dans les régions de haute montagne du monde entier. Le lac Merzbacher sur le glacier Inylchek offre des conditions idéales pour cette étude. Au début de l’été, il s’accumule devant le front de glace et se vide chaque année à la fin de l’été avec une rupture catastrophique du barrage. 2000 mètres cubes d’eau et de boue par seconde sont déversés dans la partie inférieure de la vallée et laisse derrière eux des traces de dévastation.

Le système de drainage est formé dans la couche, où la roche est en contact avec le fond du glacier, et éventuellement dans les couches de glace. La confluence des canaux de drainage du lac avec le système de drainage interne du glacier conduit à la formation du plus grand système de drainage interne au monde, dont le rôle important est joué par le lac de haute altitude de Merzbacher

Le lac Merzbacher

Les drains à explorer

L’entrée du système de drainage interne du glacier est possible grâce à de nombreux puits glaciaires, abondamment trouvés à sa surface (mais principalement au-dessus du lac), ainsi qu’au portail de sortie d’eau dans le flux de glace du glacier. Il est également possible de détecter l’entrée du système de canaux internes à travers des grottes glaciaires situées sous le lac, en particulier dans les endroits où le glacier se joint aux courants latéraux et aux affluents glaciaires.

Les drains

Les conditions d’explorations

Nous retrouvons au coeur du glacier les drains qui devraient nous apporter de plus amples informations sur ce phénomène particulier. toutefois nous n’oublions pas que la dynamique de ce glacier de haute montagne est réelle et que nous devons en prendre la mesure afin d’assurer nos recherches. Les conditions climatiques d’une région de haute montagne ainsi que le froid perpétuel seront nos fidèles partenaires d’explorations. L’eau certainement présente dans les drains sera un élément naturel à appréhender. Nous pouvons facilement imaginer des immersions partielles pour explorer les conduits actifs.

La fragilité du glacier

Camp de base

Nous serons en bordure du glacier, face au lac, sur le seul carré d’herbe existant à 30 kms à la ronde. L’endroit a été baptisé la clairière de Merzbacher. C’est là que Hanz-Ulrich Wetzel a choisi d’implanter son observatoire scientifique permanent en 2009. C’est un lieu difficile d’accès mais relativement vivable et qui concentre pratiquement tous les symptômes que l’on peut observer ailleurs en différents points, hausse des températures moyennes, récession du glacier, rupture cyclique d’un lac d’altitude et dérèglement climatique.

Le camp de base

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