Le club des quatre en forêt 2


Les délices de progresser dans le Bush.

Je vais vous expliquer ce que peut être la progression dans le bush Néo-zélandais. Alors vous prenez une ancienne vallée glaciaire, occupée par des herbes à la fois hautes et basses. Eh bien comme nous pouvons le penser, c’est particulièrement pénible de marcher là-dedans. Un coup je tombe dans un trou, une fois je marche de travers sur la bosse herbeuse, au milieu traine un peu de marécage puis une rivière à traverser, souvent froide bien sûr, puisque nous ôtons parfois mais pas souvent chaussures, chaussettes, pantalon mais pas le slip. Parfois, nous faisons des arrivées en équipe sur des Huts, pieds nus et en slip devant des randonneurs surpris de croiser des frenchies, un peu originaux. Enfin les plantes « velcro » qui vous déguisent en arbre de noël. Voilà les premiers indices pour la suite.

La pente s’incline, les chaussures viennent de s’échauffer dans le terrain précèdent, alors il faut continuer. Donc on attaque, champ de fougères épaisses dans lequel le collègue disparait enveloppé par les feuilles, puis ronces et rotins qui s’invitent dans ce milieu, auxquels s’accrochent les vêtements puis les mains et enfin un cri. Comme une main qui vous agrippe et vous retiens, ce sont les « hameçons » des ronces qui rayent votre tee shirt ou votre peau. S’ensuit une succession d’obstacles façon « hurdle », avec la mousse glissante qui vous cache le terrain, et les racines voire les trous. Parfois vous marchez à un mètre au-dessus du sol et gare à la chute. Non loin vous croisez un chablis de bois récemment tombé, et un coup je passe par-dessus et l’autre coup par-dessous. Puis vous avez le bois mort, encore ferme ou bien pourri. Alors vous marchez dessus cela craque, ou cela s’effondre. Quand la pente est bien raide, vous osez prendre appui sur cette providentielle branche moussue pour monter mais là vous sentez que tout va mal, vous perdez l’équilibre en accompagnant la chute de la branche vermoulue et bien pourrie. Vous reprenez pied pour rejoindre les copains mais ces arbres ont toujours les branches au niveau des yeux alors vous passez votre temps à les écarter. Ouf enfin nous sortons de la forêt, la végétation arbustive qui fait suite est plus sympa ! Pas du tout ! Vous enjambez les arbustes aussi épais l’un que l’autre, avec un bois à la fois dur et à effet mémoire, qui revient vite sur votre tibia, si vous perdez l’équilibre eh bien vous disparaissez dans cette trame végétale. Tout est bon pour avancer, à pleine main vous saisissez tout ce qui vous parait nécessaire. Parfois vous rampez dessous cette couche épaisse, façon spéléo. Un peu plus haut vous rencontrez d’autres plantes, très belles mais munies à l’extrémité de chaque feuille d’une épine qui vous transperce la peau voir les gants. Nous voilà à l’entrée du canyon !

Ceci est juste pour la montée maintenant vous faites la même chose quand cela descend et là toute l’aventure prend son sens !

Au passage vous pouvez croiser quelques ravines bien glissantes, façon « Rolling stones » qui vous demandent de l’attention. Quand il le faut, vous faite un rappel sur un arbre pour accéder au canyon difficilement accessible.

Voilà une mise en bouche du terrain Néo-zélandais.


2 commentaires sur “Le club des quatre en forêt

  • Mascotte

    Bon sang de Brest… Pardon, mais je me fends la poire en lisant. Vous les voulez , vos canyons!! 10 points pour la détermination.

  • genevieve

    Le récit fort détaillée me conforte quant à l’assise moelleuse de mon fauteuil, du feu de bois dans la cheminée … 🙂 quel plaisir de vous lire, de vous suivre, les super héros !!!

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