BU 56


CR exploration BU56 par Thomas Braccini
« Sima De Las Puertas Illumina »
Dates : du 28 août au 1er septembre
Objectifs : toucher le fond, remesurer la profondeur de la cavité (à l’aide de sonde) et faire des
photos
Equipe : Pierre FABREGUE (ASN), Christian ETARD (ASN), Didier GIGNOUX (SCVV), Bruno FROMENTO
(SCVV), Thierry AUBE (SCVV), Phil BENCE (Explos), Denis MORALES (CT), Anthony GENEAU (les
Goulus), Simon BEDOIRE (les Goulus), Thomas BRACCINI (GSHP et les Goulus)
Jour 1 : « préparatif »
Nous nous rejoignons tous au camping de Zuriza (en Espagne) ce mercredi 28 août pour
préparer cette sortie de fin d’été. Thierry et Bruno sont à l’origine de ce projet et nous sommes bien
sûr tous bien motivés pour découvrir cette cavité d’envergure. Bruno est le seul à connaître le BU, il
n’y a pas mis les pieds depuis 30ans !
« A Zuriza, la tente collective »
Cliché : Tot
Tous les membres de l’équipe ne se connaissent pas forcément… il y a tout de même une
base de l’équipe de l’expédition AOTEAROA en Nouvelle Zélande de cet hiver. C’est le moment de
reparler de notre beau voyage ainsi que de faire connaissance. Tout le monde s’applique à préparer
ces kits de bivouac cavernicole pour notre périple qui est prévu sur 3 jours et 2 nuits. Les anciens ont
déjà fait un pré-portage jusqu’à l’entrée du trou pour y acheminer leurs affaires et du matos collectif.
Ce soir là, il faut se coucher tôt… facile à dire !!!
Jour 2 : « Approche, équipement des puits et installation du bivouac à la salle Roncal »
Le lendemain nous nous levons « grand matin » à 5h du mat. Après 20min de voiture, nous
attaquons bien chargé la marche d’approche… à l’aide des magnifiques lueurs matinales, nous
découvrons ce superbe lapiaz. Au bout d’environ de 3h de marche nous arrivons à l’entrée mythique
du BU56. Ha ce JP Pernette, il en voulait pour trouver cette entrée !
Nous nous équipons tranquillement devant l’entrée ou il y a un vent à « décorner les
bœufs ». Bruno attaque l’équipement, nous arrivons rapidement au méandre « N » qui est court
d’environ 40m mais très étroit. Nous nous faisons passer les kits, certains sont bien gros !
« Près de l’entrée du BU56»
Cliché : Tot
« Dans les puits du BU »
Cliché : Phil BENCE
Dans le P78 à – 387m, nous enquillons le méandre « Oprimido », nous y passerons 2h :
oppositions glissantes, passages bas, passages étroits… Ha enfin du volume, nous descendons une
salle ébouleuse pour arriver au « bivouac des espagnoles » où nous faisons une petite pause.
Ensuite, la progression n’est pas très facile, il y a pas mal de passages bas, la fatigue
commence à se faire sentir car depuis 6h du mat, nous sommes en action.
Dès que nous entrons dans la salle « Roncal », nous n’attendons qu’une chose : le bivouac. Il
faudra traversée entièrement la salle pour y arriver… il y a du sable c’est cool ! Fatigué, tout le
monde pose ces affaires en vrac… nous mangeons, puis installons chacun notre campement pour
dormir. Aux alentours de 4h du matin, tout le monde est en position allongée. Phil dit : « à quel
heure on se laisse demain ? »… personne ne répond !
« Bruno à la sortie du méandre N »
Cliché : Phil BENCE
« Simon met les pieds dans le Rio Budoguia»
Cliché : Tot
Jour 3 : « le fond »
Ça fait déjà un moment que j’alterne avec un peu de sommeil et des phases de réveil… je suis
bien et je n’ai pas froid. Je me dis : « si c’était l’heure de se lever, y aurait bien quelqu’un qui aurait
sonné les cloches ! » Mais apparemment je ne suis pas le seul à me dire ça !
Tout d’un coup j’entends des voix, c’est nos 2 compères Bruno et Didier : « heu les gars il est
midi ! » J’y crois pas mais si si… putain ça craint !!! Finalité, nous avions besoin de dormir, c’est
comme ça mais cela nous avance pas pour la suite, ça sent le décalage à donf !
Une fois le p’tit déj pris, nous décollons sans tarder pour toucher le fond. Nous partons à
13h30…
« Le bivouac dans la salle Roncal »
Cliché : Phil BENCE
« Séance photos dans la salle Paquiza »
Cliché : Tot
Comme prévu, la progression est beaucoup plus facile. Nous enquillons une belle galerie
concrétionnée pour sortir de la salle puis nous prenons pied dans le canyon de Roncal. C’est le kif :
l’eau, la vie quoi !
L’enchaînement avec la salle « Paquiza » est de toute beauté ensuite c’est la salle « Ukerdi »
où le concrétionnement est magnifique : fistuleuses, gours, coulées de calcite d’une blancheur
incroyable. Nous faisons bien sûr des séances photos avec des ampoules de magnésium que l’on a
réussi à trimbaler jusque là sans les casser !
Nous sommes hallucinés de voir ces paysages splendides d’une grande diversité… Nous
arrivons à l’étroiture -1000 où nous en profitons pour faire une pause. Puis, nous suivons le pendage
pour arriver à un endroit où le sol s’est effondré sur environ 10m2, c’est vraiment beau !! Nos kits
nous servent d’appuis pour passer cette partie basse de plafond… j’adore !
Ensuite, nous retrouvons du volume dans les salles « Linza et Zamora » avec es paysages
toujours aussi somptueux. Nous mettons les pieds dans le canyon Belagua… pouf, ça déchire tout, les
cascades deviennent assez énormes, nous les shuntons pour passer au-dessus sur des mains
courantes déjà en place. D’ailleurs l’état de l’équipement en fixe n’est pas trop mal… seul quelques
spit seraient à doubler ! Ce passage est vraiment de toute BEAUTE… je passe le premier puis j’arrive à
une descente d’une quinzaine de mètres. J’éteins ma loupiote puis je regarde l’équipe arrivée… ça
vaut des points !
Nous enchaînons avec la galerie de « Lapazarra » qui nous mène au bout d’environ 30min à
un siphon grandiose le S1 (ça ce n’est pas siphon de mickey !). Il est 19h30, Thierry s’occupe des
sondes pour remesurer la profondeur et nous prenons évidemment quelques photos. J’avais oublié
aussi : nous mangeons bien sûr !
Le retour se fait sans difficulté, nous cherchons juste une fois le passage un peu avant
l’étroiture -1000. La remontée est tout aussi sympa que la descente malgré la fatigue qui commence
à se faire sentir. Nous reprenons quelques photos puis rejoignons le camp, il est minuit… beaucoup
de personnes sont mouillés ou trempés à cause de pontonnières pas forcément étanches à 100%. 2
objectifs de la soirée : mangé et sécher avant de se mettre au lit.
« Bruno dans le canyon Roncal »
Cliché : Tot
« Tot parcourt de magnifiques gours »
Cliché : Phil BENCE
Jour 4 : « la remontée et la descente infernale »
Levé à 10h, nous déjeunons sans trainer puis nous refaisons nos kits pour effectuer le retour
vers la surface. On peut dire que pour le rangement nous ne sommes pas très efficaces mais bon
c’est comme ça ! Nous appréhendons cette journée car nous savons que ce n’est pas la meilleure
partie de la cavité qui nous attend.
Nous attaquons la remontée de la salle « Roncal ». Arrivé en haut nous faisons une halte
d’une heure pour faire des clichés et faire « péter »rnos dernières ampoules de magnésium.
Ensuite, nous enchaînons escalades, oppositions, ressauts… pour arriver au départ du
méandre « Oprimido », finalement jusque là c’est bien passé ! De là, nous nous organisons pour le
déséquipement et la récupération des kits de corde. Dans le méandre, nous progressons les uns
derrière les autres à une allure plutôt correcte. Au bout d’à peine 2h nous sommes à la base des
puits… le moral de l’équipe est bon !
Denis et Bruno s’occupe du déséquipement et nous remontons tranquillement les 387m de
puits.
« Didier à la sortie du BU »
Cliché : Phil BENCE
« Le splendide S1 côte -1325m »
Cliché : Phil BENCE
A 1h du matin, tout le monde est sorti de la cavité… Nous rechargeons nos gros sacs pour
revenir vers les voitures, c’est lourd ! La marche nous paraît interminable, ça fait mal au pied mais
chaque pas nous rapproche de notre lit.
A 5h, nous sommes de retour au campement, nous prenons le temps de manger un peu et de
valider la sortie. Fatigué, heureux d’avoir partagé ces moments intenses ensemble dans une des plus
belles cavités, nous allons tous dans les bras de morfé.
TOT,