Tronador, du fil à retordre


Nous avons décidé de faire deux équipes pour ce canyon, qui nous paraît de grande envergure. La première, constituée de Redj, Henri, Tot, Yann, Anna et Popo, partira en premier (tôt) et se fera relayer par la seconde, constituée de Balo, Simon, Blanchou et Anton’.


Départ grand grand matin. 5h. Le réveil sonne. Ouille, ça pique …. La grande forme de Tot nous accompagne pour ce départ de marche où l’on se perd quand même un petit peu, avant le marécage (sinon, ça serait pas drôle !!). Enfin, nous retrouvons la trace de l’équipe bartasse et attaquons cette belle montée qui nous attend. Anna en profite pour faire un petit bain de boue de la jambe entière … Il paraît que c’est bon pour la peau !
Point météo : malgré les quelques « gouttinettes » , c’est pas pire. « Grand beau derrière les nuages », selon Tot, le pyrénéen !
Ca monte, ça monte, ça monte. Ca grimpe, ça grimpe, ça grimpe. Et finalement, l’autoroute s’avère plutôt bien tracée, ce qui nous facilite grandement la tâche. Merci aux bartasseurs !
Connexion radio de la deuxième équipe vers 8h40. Nous sommes à peu près à la moitié de la montée. Le doute s’installe pour eux. Ils ont pris la pluie au camping et l’ont laissé derrière eux, avant de nous rejoindre. Réponse de Tot (sous une farine moins forte) : « Grand beau ! Venez ! En plus vous avez la pharma !! ». Ils n’ont maintenant plus le choix, ils attaquent leurs quelques 700m de grimpette.
10h30, après s’être déguisés en canyonneurs ( sans les taons ;-)), nous rentrons dans les eaux calmes de Tronador. L’ambiance aquatique est plutôt surprenante : on croirait se promener dans les marais poitevins (dixit Anna).
Mais très vite (environ 200m après) ça s’accélère. Après un premier rappel sur un joli plan incliné, les choses sérieuses commencent. Premiers amarrages forés au départ d’une main courante, et nous ne quitterons alors plus la corde avant quelques temps ! Il y a de l’eau, beaucoup d’eau. Ca glisse fort. Très fort. Les vasques ont beaucoup beaucoup de bulles. Les cordes se coincent. On abandonne du matos à récupérer par les copains. Et c’est froid. Glaglagla !

 a chignolle vrombit, les lignes se découvrent, et le boulot avance. Mais, c’est long ! Et ça continue !!
Point météo : Alternance entre bruine et quelques rayons de soleil, mais trop peu nombreux …
Tot nous installe une belle dev’, pour éviter de partir sous une cascade qui nous fait peur ! Mais « attôtion », les sacs en téléphérique, ça ne passent les dev’ !! Yann s’arrête en dessous de celle-ci pour faire passer les sacs. Concentré sur les mouvements aquatiques, il en oublie un au dessus … Il va falloir remonter sur la corde 😉 …. Au même endroit, Anna se fait, et nous fait, une belle frayeur en déséquipant. Elle glisse sur ce rocher fourbe, et se retrouve dans la cascade, celle-là même qui a bien fait peur à tout le monde !!!! Dev’ oblige, vive le « débrayable du bas, ravale ton mou inversé » (les connaisseurs comprendront. Ou pas … ;-)) !!


Connexion radio avec les copains de l’équipe 2 : « Vous pouvez peut-être préparer la chignolle pour remettre un relais avant la dev’ … c’est un poil tendu !! »
Point météo : Il n’y a vraiment pas beaucoup de rayons de soleil … Voir, il pleut !
Yann prend la tête. Même avec 1/3 du débit d’eau, ça pousse fort, quand on passe dans les cascades.
Point météo : Il pleut !


On commence à se rendre compte de l’envergure du canyon. Le passage suivant nous ne donne qu’une envie : celle de l’éviter. Cela passerait surement mais on mettrait mille ans. Nous sommes encore à quelques 500m d’altitude. Cela signifie qu’il nous reste 300m à descendre avant d’attaquer la partie inf’ déjà équipée deux jours auparavant (ou de sortir !)… On évite ce passage.
Point météo : Ca ne s’arrête pas de pleuvoir !
Redj prend la chignolle. Quelques rappel après, nous arrivons sur une très jolie cascade « double geysers ». Plusieurs méthodes pour passer seront testées. Certaines avec plus de grâce que d’autres … Matrix ou éjectation/retour case départ ?


Point météo : ça va mal !y
Nous arrivons au sommet de la queue de cheval vue de la piste. Elle est magnifiquement impressionnante. Elle pourrait passer sans trop de difficultés mais le reste du canyon s’encaisse de plus en plus, sans échappatoires, et quand même, il y a de beaucoup d’eau.
Etat des troupes : Il est 17h. Il pleut. Il semble que l’eau monte. Il nous reste encore 200m d’étroitures pour rejoindre la partie inf’. Ca ne passe plus ! On décide à « l’humanité » d’arrêter là Tronador sup. « In bartasse, we hope !! »
On part équiper l’échappatoire pour l’équipe 2, qui guenille derrière. On a été trop fort, ils ne nous ont jamais rattrapé. Ou alors, ils s’entraînent à la plongée sous-marine… (cf lire leur compte rendu ;-)).
Au programme : Bartasse, bambous, rappel dans les arbres, bartasse, bambous, fougères, bartasse, lévitation au-dessus des bambous et un dernier rappel nous pose rive gauche de l’entrée de la partie inf’.
C’est ici que l’équipe 2 nous rattrape déjà ! Il est 20h !
Le travail est fait, c’est (presque) évident pour tout le monde, on trace tout droit afin de se remettre une petite dose de bartasse version +++ ! Pour info : Si on avait traversé le canyon, on aurait retrouvé le sentier d’approche de la partie inf’ en rive droite. Mais on est pas là pour faire de la classique…
21h30. Nous arrivons (enfin) aux 4×2 sans même avoir allumé la frontale ! Et oui on est au Chili. C’est l’été et il fait jour jusqu’à 10h !!!
C’était trop bien ! On reviendra ! Mais pas tout de suite car cela ne nous a pas rien fait !!!
Pour Regard sur l’Aventure, Redj et Popo.